
Objet : Enquête
publique sur le projet de Parc Naturel Marin en Mer d’Iroise
J’ai l’honneur de vous faire part de mon opposition à ce projet sous sa forme actuelle et mon adhésion aux arguments exposés ci-dessous par l’Association des Plaisanciers du Port du Conquet.
1. Le poids économique de la plaisance ainsi que les 5 000 plaisanciers fréquentant la Mer d’Iroise sont manifestement sous représentés tant dans le conseil de gestion du parc que dans l’ensemble du projet.
2. Les gens directement concernés ne sont pas représentés (ou très insuffisamment) dans le conseil de gestion. Ce conseil de gestion n’a pas de pouvoir décisionnel, celui-ci est réservé au comité d’administration de l’Agence des Aires Marines Protégées dépendant fortement de l’Etat. Cette organisation est contraire aux recommandations européennes (convention Arrhus).
3. Etant donné la répartition des rôles et les compositions du conseil de gestion du parc et du conseil d’administration, le risque est grand de voir ce parc géré de manière idéologique et dogmatique sans qu’une opposition puisse se faire entendre.
4. Depuis plus de 10 ans « on »s’évertue à faire passer en force ce projet de PNMI, qui pourtant, à l’analyse, n’apportera rien de tangible en dehors d’une réglementation et d’impôts nouveaux. Qui est ce « on » : des politiques ? des lobbys écologiques ? des fonctionnaires intéressés ? et quelles sont les motivations réelles : un parc « caution » vis-à-vis de l’Europe ? des intérêts privés ? un parc « bonne conscience » électoraliste ?
5. Le PNMI est une structure très lourde et inadaptée aux problèmes qu’il veut résoudre, où les collectivités locales réellement concernées ainsi que les usagers sont largement sous représentés. Mais que nous devrons financer, directement ou indirectement et qui va, pour uniquement justifier son existence, créer de nouvelles réglementations encore plus restrictives.
6. Accepter le PNMI, c’est signer un chèque en blanc à des personnes chargées de gérer un domaine d’où elles sont pour la plupart bien éloignées, et non représentatives de la population locale et de ses activités. Nos activités (plaisanciers, pêcheurs à pied,…) sont menacées.
7. Il y a déjà assez de réglementations et d’institutions. Au lieu de créer une nouvelle organisation il faut donner à celles qui existent les moyens de faire respecter ces réglementations et fédérer leurs actions.
8. Certaines zones pourront être sanctuarisées, leur accès pourrait être interdit voire, pire encore, autorisé moyennant finance ou réservé seulement aux touristes payants.
9. Les 10 orientations sont trop générales et, étant donné en plus la composition du conseil, elles peuvent donner lieu à des mises en application partisanes inacceptables pour les usagers.
10. Comment le parc marin peut-il contribuer à réduire les pollutions maritimes, agricoles, industrielles, domestiques ?
Ces pollutions sont générées essentiellement en dehors du périmètre du parc. Le parc marin n’a pas la dimension pour intervenir sur l’origine des ces pollutions pas plus que les moyens pour lutter contre ces pollutions qu’elles soient d’origine accidentelle (naufrage, par exemple) ou récurrente (algues vertes, par exemple).
11. Le label « Parc Marin » sera exploité à des fins commerciales et va engendrer des augmentations du coût de la vie et en particulier des logements jusqu’à empêcher les jeunes de s’installer dans la zone du parc.
12. Le parc marin veut tout gérer sans réellement prendre en compte les organisations existantes. Cela est déjà source de conflit et par conséquent de gaspillage d’énergie et de moyens. Par exemple: le parc Régional d’Armorique a perdu pour la mer d’Iroise le label « Réserve de la biosphère » de l’UNESCO, n’y a t il pas un lien entre cette suspension et la mise en place du parc (lire le journal d’information du Parc Naturel Régional d’Armorique d’Avril 2006)?
13. L’Etat a en charge les phares qui sont les éléments majeurs de l’architecture marine de nos côtes. Si leur entretien est insuffisant ce n’est pas le parc marin qui fournira des moyens supplémentaires, à moins, peut-être, d’y loger les futurs gardes de ce parc.
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